IDENTITE NATIONALE: Le moment choisi est une manœuvre. Embarrasser la Gauche
en vue des Régionales. La campagne se fera, donc, sur une thématique qui n'est pas de la compétence des Régions, déjà vu. Des accusations fusent de la droite, « la gauche n'est pas à l'aise », «
la gauche veut cacher le drapeau bleu, blanc, rouge », « elle ne veut pas faire chanter la Marseillaise ». Cela montre que la droite veut faire porter, pour l'instant le débat sur les symboles
plutôt que sur les vraies valeurs. Nous ne sommes pas des américains qui chantons le poing fermé sur le cœur. Attention à la dérive vers l'exhibitionnisme des symboles plutôt qu'à l'affirmation
des valeurs! Le Président Sarkozy a fragilisé l'identité nationale en tentant de nous faire croire qu'on avait tout faux, en faisant la cour à Bush; il fallait devenir un peu plus anglo-saxons et
surtout il fallait rompre avec le contrat social français établi par le Centre National de la Résistance. Les piliers de l'identité nationale sont, sa langue, son héritage historique et culturel,
la laïcité et la sécurité sociale. La crise a montré toute la valeur de ce système social, car contrairement à d'autres pays de niveau comparable, nous résistons mieux. En France, être français,
nous sommes des Gaulois ne l'oublions pas, c'est croire que le débat, que la politique l'emporte sur le marché. Le français pense que l'Etat doit contrôler le marché. Rappelons ici le Général De
Gaulle affirmant : « La politique ne se fait pas à la corbeille de la bourse ». La France est un pays d'immigration par sa géographie: bout d'un immense continent, barré par les Pyrénées et les
Alpes, bordée par un océan et une mer. 22% des français ont un grand-parent étranger. L'identité nationale française c'est d'être fondée sur des valeurs fortes, universelles, les Droits de
L'Homme qui permettent aux étrangers de s'intégrer positivement dans notre société. Nous donnons l'impression que l'immigration menace l'identité nationale. Au moment où le ministre dans son
discours parle de la burqua portée par 363 femmes en France, introduisant dans le débat le religieux, les femmes, en France, à égalité de niveau gagnent 30% de moins que les hommes. Où est la
priorité? Notre pays a besoin de valeurs fortes: Égalité, Fraternité, Liberté. Notre éducation est issue de l'école de Jules Ferry. Être français c'est avoir été éduqué dans la langue française,
avec les Grands Auteurs Français, les Grandes Valeurs des Lumières et de la Révolution. Ce qui remarquable chez les français c'est que chacun se sent aussi digne que l'autre. Un ouvrier vaut un
énarque parce qu'il a lui aussi, le sens de sa valeur professionnelle. Mais l'ascenseur social est en panne, c'est une grande menace! Être Français, c'est complexe et c'est refuser d'être mis
dans une seule case. Ce qui nous lie est plus important que ce qui nous divisent !!! Jean SERRET
Du chiffre… et moins de lettres. A l’occasion de la remise
récente d’un rapport sur les indicateurs de richesse, Nicolas Sarkozy dénonçait la « religion du chiffre ». Était-ce une nouvelle contradiction ou simplement de l’autodérision de la
part de celui qui s’est fait l’apôtre du chiffre en soumettant la gestion de l’État et des services publics à une implacable logique comptable qui en dénature les missions ? Car la culture
de la performance et du résultat dont l’UMP chante en permanence les louanges est une méthode qui présuppose que la valeur d’une politique et plus largement d’une activité sociale ou
professionnelle peut s’apprécier seulement en termes mathématiques. Demander qu’une politique produise des résultats est plus que légitime, mais exiger que ces résultats s’énoncent en chiffres
est plus que contestable. Une telle démarche oriente en effet l’action des services de l’État dans une direction prédéfinie au mépris des principes et des situations toujours particulières. Ainsi
fixe-t-on des quotas de personnes à expulser ou à placer en garde-à-vue ; dès lors, la famille, la santé, l’éducation des enfants, la dignité, la justice, la présomption d’innocence… sont
autant de paramètres qui importent peu, le sans papier devient indésirable, le citoyen devient suspect et l’objectif quantitatif est atteint. Nos cantons sont de plein fouet touchés par cette
logique comptable qui met en péril les services publics de proximité auxquels nous sommes attachés, comme en témoigne le succès du référendum sur la Poste. Puisque l’on raisonne en nombre de
naissances par maternité, en nombre d’élèves par option ou en nombre d’affaires par tribunal, de tels services apparaissent peu rentables en milieu rural et le critère économique en exige la
suppression. Mais ce qui ne s’évalue pas en ces termes, c’est l’angoisse ou la souffrance générée par l’éloignement des soins, c’est l’ambition contrariée par des choix scolaires plus restreints,
c’est l’injustice éprouvée par le renoncement à défendre ses droits. Le sentiment, l’éthique, le bonheur… ne s’écrivent pas en caractères mathématiques. Il en est de même du lien social que
l’existence d’un bureau de poste ou la tournée quotidienne du facteur contribue à créer dans un village : ceux qui rient de l’archaïsme désuet de cet argument feignent d’ignorer que,
derrière la portée symbolique de cette présence, se joue une conception politique de la vie en commun. A ce sujet, l’exemple de la vallée de la Gervanne est emblématique : depuis plusieurs
années, dans le domaine postal, les réductions d’horaires et de services offerts s’accélèrent (le guichet devient une agence postale communale, voire un point poste, les bureaux se transforment
en succursales de la poste de Crest, aux ouvertures diminuées, un seul employé est partagé entre Blacons et Beaufort…) : un territoire vaste, parfois isolé, mais en pleine revitalisation
voit ainsi reculer ses services de proximité, au nom d’un taux d’activité jugé insuffisant. Dans le même registre on ne compte plus les combats courageux de parents menés ici ou là pour le
maintien d’une classe, contre la suppression d’un poste, face à une inspection d’académie dont la mission assignée est d’optimiser le taux de remplissage des classes ; la rationalité
gestionnaire menace ainsi nos écoles, comme il était prévu pour cette rentrée à l’école de Piégros-Mirabel : mieux valait avoir sept classes de vingt-trois ou vingt-quatre élèves que huit
classes de vingt ou vingt et un, car on s’approchait davantage du maximum, c’est-à-dire de l’objectif fixé, à côté duquel les particularités géographiques, sociales, culturelles ou les exigences
pédagogiques sont dérisoires. On ne redira jamais assez combien l’idée de productivité ou de rentabilité appliquée à l’éducation ou à la santé est non seulement absurde, car un enfant ou un
patient ne se réduit jamais à une variable statistique, mais également dangereuse et même, si l’on peut dire, contre-productive, car dégrader la formation ou différer des soins a aussi un coût
pour la collectivité. Une rigueur budgétaire aveugle et dogmatique est aussi un contresens économique. Ainsi, l’attractivité des territoires ruraux et plus largement le souci d’une qualité de vie
relèvent d’un intérêt commun supérieur aux calculs à courte vue et aux politiques clientélistes et démagogiques qui vident aujourd’hui les caisses de l’État. Ce qui se passe aujourd’hui dans nos
cantons est l’effet d’une méthode au service d’un désengagement de la puissance publique, au profit d’intérêts privés et à l’encontre de notre modèle républicain ; ainsi éprouvons-nous ici
combien les services publics, expression de nos principes fondateurs d’égalité et de solidarité, condition du progrès social et de l’émancipation individuelle, sont dégradés par cette loi du
chiffre, qui est en fait la loi de l’argent, c’est-à-dire la loi du plus riche. Telle est bien cette idéologie dont le sarkozisme est l’instrument politique. N.
Forest